Nous savons tous que les frelons asiatiques - Vespa velutina - exercent une forte pression sur les colonies. En principe, cette pression entraîne un affaiblissement de la colonie, qui ne peut plus fonctionner normalement. Mais quel est l’impact réel sur la ruche ? À partir de quand peut-on considérer cette pression comme significative ? Peut-on mesurer les effets de la prédation du frelon asiatique sur les ruches ?

Pression du frelon asiatique sur les ruches

À la fin de la saison 2019, j’ai observé une chute très importante du volume de couvain dans mon rucher. Comme si la reine avait arrêté de pondre ! J’ai d’abord pensé que cela pouvait être lié à la récolte de miel. Sans les hausses, les abeilles auraient pu être confinées dans le corps de ruche. Mais en regardant de plus près, cette baisse a commencé le 27 juillet, alors que la récolte a eu lieu le 2 août. Mon hypothèse était donc fausse. En consultant mes notes, une autre explication est apparue : fin juillet, j’avais observé une augmentation de la pression des frelons.

La pression des frelons asiatiques sur ce rucher était relativement forte en 2019. Ce rucher faisait partie d’un programme de suivi de la prédation mené par l’ADA Nouvelle-Aquitaine. Les données montrent jusqu’à 7 frelons par ruche et confirment le début de la prédation autour du 25 août.

Avec ces éléments, le lien de cause à effet semble plus clair. Toutefois, pour confirmer l’impact de la prédation sur le développement du couvain, il est nécessaire de comparer avec d’autres ruchers. C’est ce que nous allons faire en analysant trois autres ruchers de la région, également équipés de capteurs internes permettant de comparer les niveaux de couvain.

Comparaison entre ruchers

Les trois ruchers étudiés sont situés à moins de 30 km les uns des autres et présentent des niveaux de pression différents :

  • Parbayse : rucher en zone forestière, peu impacté par les frelons
  • Beaumont : rucher en zone urbaine, prédation modérée mais équipé d’un piège électrique
  • Lescar : rucher assez impacté, mais avec 25 ruches ce qui répartit la pression

La comparaison montre clairement que l’impact sur le couvain varie fortement selon les ruchers. Les différences sont particulièrement marquées en septembre et octobre. Les ruchers avec moins de pression ou mieux protégés conservent un volume de couvain plus important et plus longtemps.

À l’approche de l’hiver, on observe cependant une baisse synchronisée de la ponte dans tous les ruchers, notamment autour du 15 novembre. Cela confirme que les ruchers évoluent dans un environnement similaire et que les différences observées sont principalement liées à la pression du frelon asiatique.

Quelles actions mettre en place pour limiter l’impact ?

L’observation de cette forte baisse du couvain a confirmé la nécessité d’un nourrissement exceptionnel. Les interventions réalisées ont permis de maintenir les colonies jusqu’au printemps.

Faire face au frelon asiatique reste complexe. Mais une fois son impact mesuré, il devient possible d’adapter ses pratiques pour mieux gérer le risque.

Conclusion

Cet exemple illustre l’intérêt d’un outil d’aide à la décision pour la gestion du rucher. Les mesures ont d’abord révélé une chute anormale du couvain, puis cette observation a été confirmée par comparaison avec d’autres ruchers. Une fois l’impact du frelon asiatique établi, une stratégie adaptée a été mise en place. Toutes les colonies ont survécu à l’hiver et ont repris un développement normal au printemps.


Références

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